| Situation politique |
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Animé par des débats souvent passionnés ou des prises de position pouvant parfois mener à l’expression d’un activisme poussé, le Sénégal cultive les valeurs de la démocratie et a opté depuis son indépendance en 1960 pour un système démocratique pluraliste. Cependant, le pays a connu une situation de parti unique de fait entre 1966 et 1974, époque de la reconnaissance du Parti Démocratique Sénégalais (PDS) actuellement au pouvoir. Suite au multipartisme intégral instauré en 1981, le pays compte aujourd'hui plus de soixante partis politiques, dont treize représentés à l'Assemblée Nationale. Jusqu’en mars 2000, le Parti Socialiste a monopolisé le pouvoir politique. Deux grandes figures ont marqué cette période : Léopold Sédar SENGHOR et Abdou DIOUF. Si quelques contestations post-électorales ont eu lieu pendant la décennie 1990, le bon déroulement des scrutins de février-mars 2000 a offert au pays sa première alternance politique en consacrant la victoire, au deuxième tour des élections présidentielles, de la figure majeure de l’opposition, Abdoulaye WADE. La démocratie sénégalaise montrait alors sa maturité et suscitait un vaste espoir de changement politique et social. Les défis à relever étaient (et le demeurent encore actuellement) nombreux : crise économique, lutte contre le chômage, soutien à l’agriculture, maîtrise des finances publiques, protection de l’environnement sans oublier les grèves du secteur public (enseignement) et des étudiants qui paralysèrent régulièrement les structures en place. La gestion de la crise de la Casamance se présentait également comme un défi épineux à résoudre. En effet, le Sénégal, un des rares pays d'Afrique doté d’une tradition de stabilité politique, voyait toutefois, depuis 20 ans, sa stabilité être affectée par un conflit interne grave en Casamance du fait d'une rébellion indépendantiste, dont l'impact s’est fait sentir au niveau de la stabilité sous-régionale et des relations politiques entre le Sénégal, la Gambie et la Guinée-Bissau. L’une des réussites du mandat présidentiel d’Abdoulaye WADE réside dans la signature d’un accord de cessez-le-feu, avancée vers un accord de paix durable, avec les indépendantistes en décembre 2004. Sur le plan institutionnel, une nouvelle Constitution a été approuvée par référendum en janvier 2001, qui introduit la suppression du Sénat (lequel serait cependant réinstauré prochainement, une diminution de la durée du mandat présidentiel (de 7 à 5 ans, renouvelable une fois), et la reconnaissance du statut de l'opposition. Suite aux élections législatives en avril 2001, sur les 120 sièges de l'actuelle Assemblée, l'opposition en comptait 24 ; les femmes, quant à elles, occupaient 19 sièges. Les compétences des Collectivités Locales ont été renforcées par six lois de décentralisation en 1996. Une nouvelle réforme a été adoptée par l'Assemblée Nationale et a notamment porté sur la création d'une onzième région (2004). Les dernières élections législatives ont eu lieu courant mai 2002. Si, au niveau international, le Sénégal est de plus en plus perçu comme un interlocuteur et médiateur valable dans les tensions qui caractérisent le contexte politique régional africain, les autorités sénégalaises tardent à répondre aux attentes et espoirs suscités par l’alternance historique de l’an 2000. De plus, le Sénégal politique d’aujourd’hui connaît une période préélectorale au cours de laquelle les débats sont multiples et s’accompagnent de luttes de pouvoir entraînant la crispation de celui-ci. Quant à l'Etat de droit, le Sénégal a mis en place des institutions destinées à garantir celui-ci. La Constitution consacre l'indépendance des magistrats des cours et tribunaux, l'inviolabilité des droits de l'homme et le caractère absolu des droits de la défense. Sur ce plan, le Sénégal proclame dans sa Constitution son adhésion à la Déclaration des Droits de l'homme et du Citoyen de 1789, à la Déclaration universelle des Droits de l'Homme de 1948, à la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes de 1979, à la Convention relative aux droits des enfants de 1989 et à la Charte Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples de 1981. Par ailleurs, sous l’impulsion du président WADE, une loi abolissant la peine de mort avait été adoptée à l’unanimité par le gouvernement en juillet 2004. Le 10 décembre 2004, c’est le Parlement sénégalais qui adoptait cette loi. Aucune exécution n’a eu lieu au Sénégal depuis 1967 mais de nombreuses condamnations à mort continuaient d’y être prononcées. Malheureusement, outre certaines avancées significatives dans le cadre des droits de l’homme, les acteurs non-étatiques critiquent un certain manque de fiabilité de l'environnement juridique du fait de la dépendance des magistrats du parquet au pouvoir exécutif, de la formation insuffisante des magistrats, de l'insuffisance du personnel judiciaire et de la non-application des sanctions due aux jeux d'influences religieuses et politiques. Enfin, tout état de droit ne pourrait être défini comme tel sans le respect des libertés fondamentales. Cité comme un pays de tolérance ethnique et religieuse, le Sénégal veille à ce que la liberté d’expression et de pensée soit préservée, laquelle se traduit notamment par l’existence et l’émergence de différents organes de presse. Les médias privés (presse écrite et radio) connaissent un véritable essor et jouent un rôle important dans la consolidation du système démocratique. A tel point qu’il leur a été attribué un rôle important dans la transparence des élections ayant conduit à l'alternance de mars 2000. Toutefois, la télévision reste encore un domaine réservé à l'Etat et la presse privée réclame la suppression des délits de presse qui ont engendré plusieurs procès contre des journalistes. |


